Apprentissage pendant le sommeil : où en est-on en 2022 ?

Si vous vous intéressez de près aux techniques de mémorisation, vous devez savoir qu’il est possible d’apprendre en dormant. Mais où en est-on actuellement ? Depuis quelque temps, je me suis intéressé à ce sujet et je me suis dit que ce serait certainement pertinent de vous le partager. Focus sur l’apprentissage et le sommeil.

Il existe bel et bien un lien entre l’apprentissage et le sommeil

Dans le passé, l’hypnopédie (la possibilité d’apprendre pendant le sommeil) était perçue comme un mythe. On avait tendance à croire que le cerveau endormi n’était pas actif. Eh bien aujourd’hui, je peux vous dire que c’est faux ! 

En effet, plusieurs recherches prouvent qu’il est possible d’enregistrer des informations pendant qu’on dort. Les chercheurs Kouider, Andrillon et Barbosa, dans leur étude publiée sur « Nature Communications », le 8 août 2017, ont examiné l’activité cérébrale d’une vingtaine de personnes. 

Les tests de ces études ont été faits en électroencéphalographie, c’est-à-dire une analyse de l’activité électrique du cerveau pour savoir si un son entendu est mémorisé. L’objectif était de faire le lien entre apprentissage et sommeil. 

Les sujets ont été exposés à des stimuli sonores récurrents pendant qu’ils dormaient et le lendemain matin, ils étaient en mesure de reconnaître le son qui leur avait été présenté.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ? On peut apprendre de nouvelles choses dans les bras de Morphée, sans même que l’on ait besoin d’y prêter attention. Mais ce phénomène se produit dans certaines phases précises du sommeil uniquement. Le cerveau n’est nullement réceptif durant d’autres phases, à savoir les phases les plus profondes du sommeil. 

À quel moment du sommeil notre cerveau retient-il mieux les informations ?

Figurez-vous que le sommeil comprend trois phases : 

  • Le sommeil lent léger, qui suit l’endormissement ; 
  • Le sommeil paradoxal, le cerveau est très actif tout en étant déconnecté de l’environnement ;
  • La phase profonde, le cerveau est vraiment déconnecté de l’environnement. 

L’étude de Kouider et consorts a conclu que les deux premières phases sont les moments où le cerveau est le plus réceptif à des informations extérieures et propice à la consolidation active de la mémoire.

Bon à savoir :
Pendant la phase de sommeil léger,  le cerveau est capable de traiter des informations dites exogènes (venant de l’extérieur). En phase de sommeil paradoxal, le cerveau traite principalement des informations endogènes (venant de l’intérieur).

Durant les phases profondes du sommeil, le cerveau n’accepte aucune information et l’apprentissage est impossible à ce stade. Celles-ci nous seraient pourtant bénéfiques puisqu’elles aident à vider la mémoire et ainsi d’éviter le trop-plein de souvenirs.

Décidément, la neuroscience ne finira jamais de nous épater sur le potentiel de notre cerveau. On savait déjà que la mémoire restait active pendant qu’on dort, mais vous savez quoi ? Ces nouveaux résultats ont éveillé encore plus la curiosité des chercheurs sur le rôle du sommeil dans la mémoire.

Est-il possible d’apprendre uniquement pendant le sommeil ?

Vous l’aurez compris, le cerveau est capable d’apprendre de nombreux bruits avant la phase du sommeil profond. Mais, à en juger les études, il ne s’agit pas de représentations complexes. Nous sommes encore loin de dire qu’on peut retenir et répéter une leçon diffusée pendant le sommeil.

Les recherches menées dans ce sens montrent que les sujets se souviennent de représentations simples pendant le sommeil, notamment des bruits et des sons le lendemain matin. Comme le souligne cette étude publiée en 2018.

Les prévisions des experts sont toutefois optimistes. Ces derniers n’écartent pas l’éventualité de pouvoir à l’avenir apprendre des choses plus complexes. Il est possible qu’on puisse identifier les moments stratégiques pendant le sommeil où l’on est plus susceptible d’apprendre.

Quoi qu’il en soit, le sommeil peut améliorer l’apprentissage de ce qui a été vu pendant la journée. En plus de consolider les connaissances acquises, il permet de faire le tri des informations qui ne sont plus nécessaires. 

Ce processus est essentiel afin d’éviter une surcharge d’informations inutiles dans le cerveau. À un moment donné, on a besoin d’une pause et il faut avoir la possibilité de se déconnecter. 

In fine, un apprentissage uniquement pendant le sommeil, même s’il est très séduisant, n’a pas encore été démontré. En attendant, je vous conseille de pratiquer les siestes. Au-delà de l’aspect bénéfique pour votre santé, elles améliorent l’ancrage dans la mémoire.

Sinon, quelles sont vos impressions à ce sujet ? Venez partager tout ça dans les commentaires. C’est toujours un plaisir de vous lire et d’avoir votre point de vue. Et pour aller plus loin dans la mémorisation en formation, découvrez notre article sur l’illusion de maîtrise

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